Macky Sall
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Macky Sall

Ingénieur géologue, maire de Fatick, Premier ministre puis président de la République du Sénégal de 2012 à 2024 : le parcours de Macky Sall.

Né(e) : 11 décembre 1961
Un ingénieur venu de Fatick Né le 11 décembre 1961 à Fatick, dans le centre-ouest du Sénégal, Macky Sall grandit dans une famille modeste du pays sérère. Élève brillant, il décroche son baccalauréat puis s'oriente vers les sciences de la Terre à l'université de Dakar, avant de se spécialiser en France dans le génie pétrolier. Devenu ingénieur géologue, il travaille dans le secteur des hydrocarbures et de l'énergie — une expérience technique rare chez les responsables politiques sénégalais, qui allait structurer sa manière de gouverner. Sa carrière publique commence dans l'ombre des ministères. Cadre de l'administration puis conseiller technique, il se fait remarquer par sa rigueur et sa connaissance des dossiers énergétiques. En 2000, l'alternance qui porte Abdoulaye Wade au pouvoir ouvre une voie rapide à cette jeune génération de techniciens. De l'ombre des ministères à la primature Macky Sall entre au gouvernement en 2001 comme ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique. Il enchaîne ensuite les postes régaliens : ministre de l'Intérieur en 2003, puis de nouveau en charge de l'Énergie et des Mines. En avril 2004, il est nommé Premier ministre par le président Wade — une promotion spectaculaire pour un homme encore peu connu du grand public. Il dirige le gouvernement jusqu'en 2007, puis prend la présidence de l'Assemblée nationale. Élu maire de Fatick, sa ville natale, il se construit une base politique locale solide. Mais ses relations avec Abdoulaye Wade se dégradent : en 2008, il quitte le Parti démocratique sénégalais et fonde l'Alliance pour la République (APR), un parti qui se veut à la fois libéral et social. L'élection de 2012 L'élection présidentielle de 2012 devient son rendez-vous. Face à un président sortant candidat à un troisième mandat — une candidature contestée dans la rue —, Macky Sall rassemble l'opposition au second tour et l'emporte avec environ deux tiers des voix. À 50 ans, il devient le quatrième président de la République du Sénégal. Son arrivée au pouvoir est marquée par un discours de rupture : réduction des dépenses de l'État, baisse du prix des denrées de base, audit de la gestion précédente, rétablissement des relations avec les bailleurs internationaux. Le Plan Sénégal émergent Le mandat de Macky Sall est identifié à un document : le Plan Sénégal émergent (PSE), adopté en 2014. Ce programme d'investissements massifs dans les infrastructures vise à faire du pays un hub régional. Il se traduit par des chantiers visibles : le Train express régional (TER) vers Diamniadio et l'aéroport, le Bus rapide transit (BRT) de Dakar, la ville nouvelle de Diamniadio et ses équipements, des routes, des centrales électriques, des barrages et des programmes d'eau potable. Sur le plan social, son gouvernement met en place la couverture maladie universelle, les bourses de sécurité familiale, des programmes de cantines scolaires et d'électrification rurale. Ces politiques ont un écho réel dans les campagnes, où le président conserve une popularité durable. Réélection et crises Réélu en 2019 dès le premier tour avec environ 58 % des voix, Macky Sall aborde son second mandat dans un contexte plus tendu. Sa décision de ne pas écarter l'hypothèse d'un troisième mandat — pourtant exclu par la Constitution — provoque une crise politique majeure entre 2021 et 2024 : manifestations violemment réprimées, arrestations d'opposants, procès très médiatisés, dissolution de partis, et une jeunesse de plus en plus mobilisée. À cette crise politique s'ajoutent des difficultés économiques : inflation, endettement, déficits publics, chômage des jeunes et dépendance aux importations. En 2023, le pays conclut un programme avec le Fonds monétaire international pour stabiliser ses finances. L'autre grand chantier de ses mandats est énergétique. Sous sa présidence, le Sénégal devient producteur de pétrole avec le champ de Sangomar, entré en production en juin 2024, et prépare l'exploitation du gaz de Grand Tortue Ahmeyim. Sur la scène continentale, il préside l'Union africaine en 2022 et 2023 et défend une voix africaine sur le climat, la sécurité alimentaire et la gouvernance mondiale. La sortie du pouvoir Après le report contesté de l'élection présidentielle de février 2024, le scrutin est finalement organisé en mars. Le candidat de la coalition présidentielle est battu par Bassirou Diomaye Faye, qui l'emporte dès le premier tour. Fait notable dans une région où les transitions sont souvent difficiles : Macky Sall reconnaît sa défaite, organise une passation de pouvoir et quitte ses fonctions le 2 avril 2024. Il laisse derrière lui un pays transformé dans ses infrastructures, mais divisé politiquement, endetté et confronté à une jeunesse en quête d'emplois. Son héritage est aujourd'hui âprement discuté : pour ses partisans, un bâtisseur qui a doté le Sénégal d'équipements structurants ; pour ses adversaires, un pouvoir centralisé, marqué par la répression et par une gestion opaque des grands contrats. Son parti, l'APR, reste une force politique de premier plan.